Cinq solutions e-commerce pour se lancer rapidement et commencer à vendre aujourd’hui

Nous vivons une époque formidable, Il existe des outils faciles d’utilisation pour faire tout et n’importe quoi sur Internet, l’ e-commerce ne fait pas exception. je vais vous présenter ici cinq solutions très faciles à utiliser et qui vont vous permettre de créer un site e-commerce pro en très peu de temps.

Beaucoup d’entrepreneurs pensent qu’il est encore très difficile de créer son propre site e-commerce, qu’il faut faire appel à un développeur professionnel, le payer plusieurs milliers d’euros pour arriver à un résultat satisfaisant, mais ils se trompent. Aujourd’hui le e-co mmerce connais la même révolution que le blogging il y a quelques années. Je vais vous présenter ici cinq solutions, dans l’ordre de difficulté croissante, avec lesquelles vous pouvez créer un site e-commerce fonctionnel en moins de 24 heures.

Une petite précision avant de commencer, les deux premiers outils que je vais vous présenter ne permettent pas réellement de créer un site internet, mais plutôt de commencer à vendre rapidement grâce à une page de vente personnalisée.

Payfacile

payfacileLogo

J’ai découvert Pyafacile lors de son lancement fin 2015. Il s’agit d’une toute jeune entreprise française qui vous permet de vendre vos produits en créant une page de vente et en acceptant les paiements par carte bancaire. Payfacile permet aussi de vendre des abonnements très facilement en intégrant un paiement mensuel. Enfin l’outil vous permet également d’envoyer des simples demandes de paiement à vos clients un peu comme ce que propose Paypal, mais l’avantage est que vous recevez l’argent directement sur votre compte en banque, ka-ching!

Je n’ai pas réellement testé la plateforme mais j’y ai passé un peu de temps pour vous montrer à quoi ça ressemble

 

payfacile

Points forts:

  • Très facile d’utilisation
  • Prix (25€ par mois si vous choisissez de vous abonner)
  • Possibilité de vendre des abonnements

Points faibles:

  • Jeunesse du site
  • Personnalisation limitée
  • Prix (1€ la transaction si vous choisissez l’offre sans abonnement)
  • Paiement par carte bancaire uniquement
  • On ne peut pas utiliser son propre nom de domaine

Gumroad

GumroadOffice

J’ai testé Gumroad il y a presque un an et je peux vous dire que c’est vraiment facile à utiliser. Le site aujourd’hui s’adresse particulièrement aux artistes et tous ceux qui ont un contenu digital qui pourrait intéresser quelqu’un. Gumroad a développé sa propre technologie de streeming et diffusion de contenu, c’est pour ça que Gumroad est particulièrement adapté si vous voulez vendre des produits comme des vidéos, de la musique, des podcast audio, mais évidemment vous pouvez également prendre des produits physiques.

J’ai fait une petite capture d’écran pour vous montrer à quel point c’est facile de créer sa page de vente sur Gumroad. à vous de jouer.

gumroad

Points forts:

  • Gratuit (pas d’abonnement à payer)
  • Facile d’utilisation
  • La personnalisation est poussée
  • Vous pouvez utiliser votre propre nom de domaine
  • La technologie de streaming
  • Vous pouvez vendre des abonnements

Points fables:

  • Commission élevée (5% + 0,25$)
  • Interface en anglais
  • Pas de contrôle sur le code source
  • Paiement par carte bancaire uniquement

Squarespace

squarespace-logo

Cette startup newyorkaise cartonne. Squarespace vous permet des créer un site e-commerce avec un style soigné. C’est clairement leur point fort, ils ont vraiment travaillé le visuel de leurs sites. Vous pouvez d’ailleurs voir les templates (modèles) que vous pouvez utiliser pour créer votre site ici.

Pour créer votre boutique, vous devez d’abord choisir un thème puis commencer avec ce thème. D’ailleurs le nombre de thème disponible est très limité pour ce qui est des sites e-commerce. Vous pouvez également créer un blogue ou un site vitrine, mais ça on en s’en tape.
Avec Squarespace vous pouvez créer un “vrai” site contrairement aux deux premières solutions.

Points forts:

  • Pas de commission autres que les frais bancaires
  • Facile d’utilisation
  • Personalisable (vous avez accès au HTML et CSS)
  • Vous pouvez utiliser votre propre nom de domaine
  • Le design

Points fables:

  • Peu de modèles disponibles
  • Pas d’application pour personnaliser les fonctions du site
  • Paiement par carte bancaire et Paypal uniquement
  • Pas de véritable communauté derrière
  • Interface en anglais

Shopify

shopify

Shopify est peu connu en France mais c’est déjà un géant, il propulse plus de 200 000 boutiques en ligne et a vu passer plus de 12 milliards de dollars de chiffre d’affaire. Je l’utilise depuis novembre 2015 et j’en suis plus que satisfait.

Vous avez le choix entre des centaines de thèmes, gratuits ou bien payants, pour créer votre site. De plus vous pouvez facilement les personnaliser avec leur interface ou bien en modifiant directement le code si vous vous y connaissez. Voici par exemple un site Shopify que j’aime bien,ou bien le site que j’ai crée ici.

Un des points forts de Shopify est le nombre incalculable d’applications que vous pouvez intégrer avec votre site e-commerce pour faire à peu près tous ce dont vous avez besoin (reporting, collecte d’email, marketing …), mais malheureusement les meilleurs apps sont payantes et généralement au prix fort, c’est chiant si vos ressources sont très limitées.

Shopify dispose d’un blogue excellent sur le e-commerce et le marketing en général.

Points forts:

  • La personnalisation
  • Les moyens de paiement (Carte, Paypal, transfert bancaire, chèque, bitcoin …)
  • La fiabilité
  • Les apps
  • La communauté et les ressources
  • Création de la boutique Facebook gratuit et automatique

Points faibles:

  • La commission de 2% en plus de l’abonnement mensuel
  • L’URL de la page paiement n’est pas personnalisée
  • Pas d’intégration avec Point Relais et Colissimo pour l’instant
  • Interface en anglais

WooCommerce

WooCommerce

Si vous ne connaissez pas WordPress, vous ne connaissez probablement pas WooCommerce. WooCommerce est un plugin (application si vous préférez) que vous pouvez intégrer à votre site, déjà créé avec WordPress (ce blogue par exemple est un WordPress), pour le transformer en site e-commerce.

C’est la seule solution qui nécessite un pré-requis: savoir installer un site WordPress. Ne paniquez pas il y’a beaucoups de tuto qui vous expliquent comment faire ça simplement, comme celui là par exemple.

Je vous conseille d’acheter d’abord un thème qui vous plaît pour construire votre site e-commerce, vous en trouverez ici. Ensuite, installer WooCommerce.

WooCommerce est utilisé par plus de 30% des boutiques en ligne dans le monde selon Builtwith, c’est une solution solide.

Points forts:
Les plugins WordPress
La communauté et les ressources
Pas de commission à payer
Choisir et gérer son hébergement

Points faibles:
La personnalisation est compliquée (il faut s’y connaître en thème WordPress)
Mise en place de modes de paiements autre que Paypal est compliqué et/ou payant (Stripe coûte 79$)
Gérer son hébergement
Pas de service client pour la partie WordPress.org

Avez-vous testé une de ces solutions? partagez votre expérience dans les commentaires.

Cinq solutions e-commerce pour se lancer rapidement et commencer à vendre aujourd’hui

Étude de cas Facebook ads: Comment capturer des emails pour un site ecommerce?

Ma femme et moi avons décidé de lancer un site e-commerce. Nous vendons des foutas en Hongrie, des serviettes de bains plutôt stylées avec plus de 30 couleurs disponibles.

Nous avons pris le pari de créer notre marque en partant de zéro.

Hello Pamut
Afin de capitaliser sur cette expérience et apprendre en faisant, je vais tenter ici de décortiquer notre parcours dans le e-commerce. Je vais essayer d’aborder, dans les futures articles que je vais rédiger, toutes les étapes par lesquelles nous passons et les challenges que nous allons affronter, pour avoir un site e-commerce fonctionnel, trouver des clients et mettre en place les systèmes pour les satisfaire.

Pourquoi récolter les emails?

mailchimp

Dans un monde idéal, le client potentiel découvre votre produit à travers une pub, ou bien il en entend parler grâce à un ami, il se rend sur votre site et il l’achète directement.

Malheureusement la réalité du e-commerces est très différente, le client a besoin, en moyenne, de se rendre cinq fois sur votre site avant d’acheter. C’est totalement cohérent avec ce que font les gens dans la “vraie vie”. Vous achetez très rarement, dès la première visite, dans un magasin que vous ne connaissez pas. C’est ce qui se passe également en ligne.

Étant donné qu’acquérir des visiteurs pour votre site va vous coûter de l’argent, il serait stupide d’envoyer du trafic sans mettre en place un moyen de garder contact avec vos clients potentiels, c’est comme essayer de remplir une passoire avec de l’eau, c’est là que la capture d’email entre en jeu.

Pour faire simple, je vais envoyer le maximum de trafic qualifié sur mon site et essayer de récolter le maximum d’email. L’objectif est de garder contact avec les futures clients et les convaincre d’acheter.

La méthode et les outilles utilisés

Oragniser un giveaway

Pour le lancement du site nous avons donc organisé un giveaway (une loterie). Nous avons acheté plusieurs produits, que nous ne vendons pas, afin de les offrir au vainqueur du tirage au sort. Nous n’avons pas choisi les produits au hasard mais nous avons sélectionné ceux qui intéressent particulièrement les types de clientes que nous souhaitons viser avec notre compagne. Pour être sûre d’attirer le maximum de participantes le lot à gagner est d’environ 100€.

Coût: 100€

Nous avons créé une petite vidéo pour présenter les cadeaux en jeu et inciter les femmes qui voient la publicité à participer et se rendre sur notre site. Les règlent du jeu sont très simples:

  • Les participantes doivent s’inscrire à notre mailing liste
  • Elles doivent commenter, sous la vidéo sur la page Facebook du site, en indiquant le nom de leur produit préféré disponible sur notre site.

Au départ nous voulions faire durer le giveaway 3 semaines mais à cause de notre lancement tardif nous l’avons écourté à 15 jours, du mercredi 12 au mercredi 27 Novembre. La date de l’annonce des résultats n’est pas fixée au hasard non plus, car nous souhaitions annoncer les résultats juste avant le Black Friday (Vendredi 29 Novembre).

Shopify

shopify-logo

Pour mettre en place le site e-commerce j’ai opté pour Shopify. Il existe de très nombreuses solutions pour créer et gérer un site e-commerce, je vais aborder ce sujet clé dans de futures articles. Nous avons décidé d’uitiliser Shopify pour créer notre site car je pense qu’il s’agit de la solution la plus simple, rapide et économique qui existe actuellement, à condition de maîtriser l’anglais, mais la version française ne saurait tarder. Avec un abonnement mensuel (de 14$ à 100$ en fonction de la solution retenue) vous pouvez créer un beau site e-commerce, fonctionnel en quelques heurs seulement. Pas besoin de savoir coder pour cela.

Coût: 28€ par mois

Mailchimp

Mailchimp

Pour récolter les emails j’ai besoin d’un formulaire et d’une base pour stocker les emails collectés. Mailchimp est un service intégré qui vous permet de récolter des emails grâce à des formulaires simples d’utilisation et, par la suite, d’envoyer vos compagnes d’emailing à vos listes. J’utilise Mailchimp depuis 3 ans et je le recommande fortement. Je n’ai jamais essayé les autres outils d’email marketing, Mailchimp est un choix no-brainer si vous débutez, l’outil est gratuit jusqu’à 2000 membres dans vos listes et 12 000 emails envoyés par mois.

Sur le formulaire d’inscription je ne demande que le prénom et l’email des visiteurs. Vous pouvez demander de nombreuses autres informations avec Mailchimp, mais vous prenez le risque de plomber votre taux de conversion.

Coût: gratuit

Facebook ads

FB-f-Logo

Vous l’ignorez peut-être, tout le monde peut aujourd’hui créer et diffuser une publicité sur Facebook et Instagram. Vous pouvez accéder à votre gestionnaire des publicités ici. C’est un outil super puissant, car il vous permet d’atteindre plus d’un milliard d’utilisateurs actifs sur facebook! Encore mieux, vous pouvez, dans certain cas, cibler les personnes qui vont voir votre publicité avec une très grande précision. Par exemple vous pouvez choisir de diffuser votre publicité uniquement aux femmes entre 30 et 35 ans, vivant à Paris et passionnées par les chats.

Dans notre cas nous avons ciblé les femmes, entre 25 et 35 ans, résidantes à Budapest (Hongrie) et intéressées par quelques marques de cosmétiques telles que Lush et Bioderma. Je vais revenir dans de futures postes sur comment créer une publicité Facebook et l’intérêt de cibler une audience.

Instagram

nous avons utilisée la publicité vidéo que vous pouvez voir en haut . Facebook vous demande de choisir un type d’objectif pour votre publicité, dans ce cas j’ai choisi clique to website, car je souhaitait que Facebook optimise la diffusion de la pub en fonction de cet objectif. Etant donné que Facebook a ouvert récement la publicité Instagram aux particulier comme vous et moi, j’en ai profité pour diffuser la vidéo également sur Instagram.

J’ai fixé le budget journalier à 10€.

Coût: 143€

Facebook pixel

Le pixel Facebook est un bout de code généré par Facebook et que vous êtes sensé insérer dans toutes les pages de votre site internet. Si vous avez l’intetetion de faire de la publicité sur Facebook pour attirer des visiteurs sur votre site, je vous conseille fortement de commencer par la création d’un pixel Facebook.

Ce bout de code vous permet de tracker les personnes qui se rendent sur votre site. Cette option est très utile car comme je l’ai précisé, les personnes se rendent plusieurs fois sur un site avant d’acheter, du coup pouvoir les tacker vous aide à les retrouver pour leur resservir votre publicité sur Facebook ou ailleurs.
Cette technique s’appelle le retageting (reciblage en français), elle va normalement vous permettre de baisser le coût de conversion de vos visiteurs en acheteurs, car vous allez afficher votre publicité aux personnes ayant déjà montré un certain intérêt pour votre produit.

Google Analytics

J’ai installé Google Analytics pour suivre le nombre de visiteurs et pouvoir calculer le taux de conversion (nombre d’inscrits/ nombre de visiteurs). Google Analytics est un outil sur lequel j’essaie de monter en compétence, je vais donc partager ici mes progrès au fur et à mesure.

Coût: gratuit

SumoMe

SumoMe est un outil incroyable qui vous permet de faire beaucoup de chose. Si vous ne l’avez pas encore installé sur votre site, faite le maintenant ! Concrètement dans ce cas SumoMe me permet de mettre en place une heatmap, ou plus précisément une clic map, pour voir où est ce que les visiteurs cliquent. Mon objectif est de les faire s’inscrire à la mailing liste, si quelque chose semble les distraire, la clic map me permettra de le repérer.
Il faut savoir que plus vous avez de liens sur une page web, moins vous avez de chance de faire faire à quelqu’un ce que vous souhaitez qu’il fasse.

Coût: gratuit

Les résultats

Nous espérions récolter 200 emails avec cette compagne. Cela semblait être un bon début pour un site e-commerce avec le budget que nous avions. Après deux semaines nous avons donc obtenu les résultats suivants :

Nombre d’inscrit : 305
Visiteurs uniques : 965
Taux de conversion : 31,6%
Coût moyen par inscrit : (143€+28€+100€)/305= 0.89€ par inscrit

La publicité a été affiché (et non regardé) 43 525 fois et a généré 301 cliques sur Facebook et Instagram. Le coût moyen par clique de la compagne est de 0.47€.

Ce que j’ai foiré et ce que j’en retiens

Avant de lancer la compagne publicitaire je voulais tester plusieurs pubs différentes, par exemple vidéo longue VS Vidéo courte, mais aussi Vidéo VS photo ou bien photo version 1 VS photo version 2. Je voulais également faire des tests sur les différentes audiences par exemple en modifiant l’âge 20 ans – 28 ans VS 28 ans – 38 ans. Malheureusement par manque de temps et d’organisation je n’ai pas mis en place ces tests, qui j’en suis convaincu, m’auraient permis d’avoir de meilleurs résultats.

Pour les prochaines compagnes je vais donc essayer en amont de :

  • Créer les différentes versions de pub à tester
  • Définir les différentes audiences à tester
  • Calculer les indices de confiance statistique qui vont me permettre de tirer des conclusions fiables sur mes testes

Avez vous déjà récolté des email avec une compagne Facebook? Partagez, en laissant un commentaire ce qui a marché pour vous.

Étude de cas Facebook ads: Comment capturer des emails pour un site ecommerce?

Do things that don’t scale de Paul Graham traduit en français

Avant propos

Je me suis permis de traduire cet essai de Paul Graham dans l’espoir qu’il sera utile à des entrepreneurs, étudiants, profs francophones qui n’ont pas encore la chance de maîtriser la langue de Shakespeare. Paul Graham en donne l’autorisation sur son site.

Je tiens à préciser que je ne suis pas traducteurs professionnel ni même auteur, cette traduction est donc perfectible. D’ailleurs n’hésitez pas à me signaler les éventuelles, nombreuses, fautes, que vous aurez remarqué.

Vous pouvez télécharger, ci-dessous, cet essai au format pdf ainsi qu’en epub pour lire sur vos smartphones dans le metro par exemple et partout où il n’y a pas de réseau.


L’un des types de conseils les plus communs que nous donnons à Y Combinator est de faire des choses qui sont non évolutives. Beaucoup de prétendus fondateurs croient que les startups, soit elles décollent, soit elles ne décollent pas. Vous construisez quelque chose, vous le mettez à disposition des consommateurs et si vous avez fait un meilleur piège à souris, les gens se frayent un chemin vers votre porte, comme promis. Ou bien ils ne le font pas, dans ce cas, le marché n’existe probablement pas. [1]

Les Startups décollent parce que les fondateurs les font décoller. Il peut y avoir une poignée d’entre elles qui ont juste crû d’elles-mêmes, mais en général il faut une sorte de poussée pour les faire avancer. Une bonne métaphore serait la manivelle que les moteurs de voitures avaient avant l’invention du démarreur électrique. Une fois que le moteur tournait, il continuait à fonctionner, mais il y avait un processus distinct et laborieux pour le faire démarrer.

Recrue

Une des choses non évolutives, la plus courante, que les fondateurs doivent faire, au début, est de recruter les utilisateurs manuellement. Presque toutes les startups doivent le faire. Vous ne pouvez pas attendre que les utilisateurs viennent à vous. Vous devez aller les chercher.

Stripe est l’une des startups qui a le mieux réussi, parmi celles que nous avons financées et le problème qu’ils ont résolu était urgent. Si quelqu’un aurait pu s’asseoir et attendre les utilisateurs, c’était Stripe. Mais en fait, ils sont célèbres au sein de YC pour l’acquisition agressive des premiers utilisateurs.

Les Startups qui construisent des choses pour les autres startups ont un grand nombre d’utilisateurs potentiels parmi les autres entreprises que nous avons financés et aucune n’en a mieux profité que Stripe.

Au YC nous utilisons le terme « d’installation Collison » pour désigner la technique qu’ils ont inventée. Des fondateurs plus timides demandent « Voulez-vous essayer notre version bêta? » et si la réponse est oui, ils disent « Super, nous vous enverrons un lien. » Mais les frères Collison n’attendaient pas. Quand quelqu’un acceptait d’essayer Stripe ils disaient « Parfait, donnez-moi votre ordinateur portable» et leurs installaient la solution sur place.

Il y a deux raisons qui freinent les fondateurs pour sortir et recruter les utilisateurs individuellement. La première est une combinaison de timidité et de paresse. Ils préfèrent rester à la maison  à écrire du code que de sortir et de parler à un groupe d’inconnues et probablement être rejeté par la plupart d’entre eux. Mais pour qu’une startup réussisse, au moins un fondateur (généralement le PDG) devra passer beaucoup de temps sur la vente et le marketing. [2]

L’autre raison pour laquelle les fondateurs ignorent cette voie, est que les chiffres absolus semblent tellement petits au premier abord. Ils pensent que cela ne peut être la façon avec laquelle les célèbres, grandes startups ont commencé.

L’erreur qu’ils font est de sous-estimer la puissance de la croissance composée. Nous encourageons chaque startups à mesurer leurs progrès par le taux de croissance hebdomadaire. Si vous avez 100 utilisateurs, vous avez besoin d’obtenir 10 la semaine suivante pour croître de 10% par semaine. Et tandis que 110 ne semble pas être beaucoup mieux que 100, si vous continuez de croître à 10% par semaine, vous serez surpris à quel point les chiffres grossissent. Après un an, vous aurez 14 000 utilisateurs et après deux années vous en aurez 2 millions.

Vous allez faire des choses différentes quand vous allez acquérir les utilisateurs par millier à la fois, et la croissance doit éventuellement ralentir. Mais si le marché existe, vous pouvez généralement commencer par recruter manuellement les utilisateurs, puis passer progressivement à des méthodes moins manuelles. [3]

Airbnb est un exemple classique de cette technique. Les places de marchés sont si difficiles à faire tourner que vous devriez vous attendre à prendre des mesures héroïques au départ. Dans le cas d’Airbnb, ces mesures héroïques consistaient à faire du porte à porte à New York pour recruter de nouveaux utilisateurs et aider les courants à améliorer leurs annonces. Quand je me remémore l’équipe d’Airbnb pendant YC, je les vois avec des valises à roulette, parce que quand ils arrivaient pour les dîners du mardi, à chaque fois, ils venaient tout juste de rentrer d’un voyage de quelque part.

Fragile

Airbnb semble aujourd’hui comme un mastodonte inarrêtable, mais au début il était si fragile qu’environ 30 jours passés à sortir et à s’engager en personne avec les utilisateurs ont fait la différence entre le succès et l’échec.

Cette fragilité initiale n’était pas une caractéristique unique d’Airbnb. Presque toutes les startups sont fragiles au départ. Et cela est une des choses les plus importantes que les fondateurs et les investisseurs inexpérimentés (et les journalistes et les je-sais-tout sur les forums) ne comprennent pas à leur sujet. Ils jugent, inconsciemment, des startups embryonnaires avec les normes des startups déjà établies. Ils sont comme quelqu’un qui regarde un nouveau-né et qui conclut par «il n’y a aucun moyen que cette petite créature puisse accomplir quoi que ce soit. »

Il n’y a pas de conséquence si les journalistes et les je-sais-tout rejettent votre startup. Ils saisissent mal les choses. C’est encore ok si des investisseurs rejettent votre startup; ils vont changer leurs avis quand ils verront de la croissance. Le grand danger est que vous rejetiez votre startup vous-même. J’ai vu cela se produire. Je dois souvent encourager les fondateurs qui ne voient pas le plein potentiel de ce qu’ils construisent. Même Bill Gates a fait cette erreur. Il est retourné à Harvard pour le semestre d’automne, après avoir lancé Microsoft. Il n’est pas resté longtemps, mais il ne serait même pas retourné s’il avait réalisé que Microsoft allait devenir même une fraction de la taille de ce qu’elle est devenue. [4]

La question à poser au sujet d’une startup au stade de démarrage n’est pas « est-ce que cette société va conquérir le monde? » mais « quelle taille cette société pourrait atteindre si les fondateurs faisaient les choses correctement? » Et les bonnes choses à faire semblent souvent à la fois laborieuses et sans conséquence à ce moment-là. Microsoft ne pouvait sembler très impressionnant quand ils étaient juste un groupe de gars à Albuquerque programmant un interpréteur du langage Basic pour un marché de quelques milliers d’amateurs (comme on les appelait alors), mais rétrospectivement ce fut le chemin optimal pour dominer le marché des logiciels pour micro-ordinateur. Et je sais que Brian Chesky et Joe Gebbia ne se sentaient pas être en route vers la gloire lorsqu’ils prenaient des photos « professionnelles » des appartements de leurs premiers hôtes. Ils essayaient juste de survivre. Mais rétrospectivement, cela aussi fut le chemin optimal pour dominer un grand marché.

Comment allez-vous trouver les utilisateurs à recruter manuellement? Si vous construisez quelque chose pour résoudre vos propres problèmes, alors vous n’avez plus qu’à trouver vos pairs, ce qui est généralement simple.

Sinon, vous aurez à faire un effort plus délibéré pour localiser la veine d’utilisateurs la plus prometteuse. La manière habituelle de procéder est d’obtenir un premier groupe d’utilisateurs en faisant un lancement relativement non ciblé, puis d’observer quel type d’utilisateurs semble être le plus enthousiaste, et ensuite d’aller en chercher d’autres comme eux. Par exemple, Ben Silbermann a remarqué qu’un grand nombre des premiers utilisateurs de Pinterest étaient intéressés par le design, alors il est allé à une conférence de “design blogueurs” afin de recruter des utilisateurs, et cela a bien fonctionné. [5]

Délice

Vous devriez prendre des mesures extraordinaires non pas seulement pour acquérir des utilisateurs, mais aussi pour les rendre heureux. Aussi longtemps qu’ils ont pu (ce qui s’est avéré être étonnamment longue), Wufoo a envoyé à chaque nouvel utilisateur un mot de remerciement manuscrit. Vos premiers utilisateurs doivent sentir que s’engager avec vous a été un des meilleurs choix qu’ils n’aient jamais fait. Et vous, en retour, vous devrez vous creuser la tête pour trouver de nouvelles façons de les ravir. Pourquoi devons-nous enseigner cela aux startups? Pourquoi est-ce contre-intuitif pour les créateurs? Trois raisons, je pense.

La première raison est que de nombreux fondateurs de startups sont ingénieurs de formation et le service client ne fait pas partie du cursus des ingénieurs. Vous êtes censé construire des choses qui sont robustes et élégantes, et non pas être  servilement attentif aux utilisateurs individuels comme une sorte de vendeur. Ironiquement, la raison, en partie, pour laquelle l’ingénierie est historiquement opposée à mettre les mains dans le cambouis est que ces traditions remontent à une époque où ils étaient moins puissants -quand ils étaient seulement chargés de leur domaine, étroit, de construire des choses, plutôt que de tout gérer. Vous pouvez être désagréable quand vous êtes Scotty, mais pas lorsque vous êtes Kirk.

Une autre raison pour laquelle les fondateurs ne se concentrent pas assez sur les clients individuels, est qu’ils craignent que cela ne puisse pas être évolutif. Mais quand des fondateurs de startups embryonnaires s’inquiètent à ce sujet, je leur rappelle que dans leurs états actuels, ils n’ont rien à perdre.

Peut-être que s’ils se démènent pour rendre les utilisateurs existants super heureux, ils vont peut-être un jour avoir trop à faire. Ce serait un « excellent » problème à avoir. Voyez si vous pouvez y arriver. Et d’ailleurs, quand cela arrive, vous verrez que ravir les clients est une tâche plus évolutive que prévu.

En partie parce que vous pouvez généralement trouver des moyens de faire évoluer les choses plus que ce que vous auriez prédit, et en partie parce que satisfaire les clients sera alors un objectif imprégné dans votre culture.

Je n’ai jamais vu de startup se retrouver dans une impasse en essayant trop fort de rendre leurs premiers utilisateurs heureux.

Mais peut-être ce qui empêche le plus les  fondateurs de réaliser comment ils pourraient être attentifs à leurs utilisateurs, c’est qu’ils n’ont jamais connu une telle attention eux-mêmes.

Leurs normes de service clients viennent des entreprises pour lesquelles ils ont été clients, qui sont principalement des grandes entreprises. Tim Cook ne vous envoie pas une note écrite à la main après l’achat d’un ordinateur portable. Il ne peut pas. Mais vous le pouvez. C’est un des avantages d’être petit: vous pouvez fournir un niveau de service qu’aucune grande entreprise ne puisse fournir. [6]

Une fois que vous vous rendez compte que les conventions existantes ne sont pas la limite supérieure dans l’expérience utilisateur, il est intéressant, d’une façon très agréable, de penser jusqu’où vous pouvez aller pour satisfaire vos utilisateurs.

Expérience

J’essayais de penser à une phrase pour illustrer à quelle point votre attention aux utilisateurs devrait être extrême et j’ai réalisé que Steve Jobs l’avait déjà fait: follement grande. Steve n’utilisait pas seulement «follement» comme synonyme de «très». Il l’entendait plus littéralement, que l’on devrait se concentrer sur la qualité de l’exécution à un degré tel que dans la vie quotidienne cela serait considéré comme pathologique.

Toutes les startups, que nous avons financés, qui ont le plus réussis l’ont fait et cela ne surprend probablement pas les fondateurs en devenir. Ce que les fondateurs novices  ne comprennent pas est en quoi une attention « follement grande » se traduit dans une startup embryonnaire. Quand Steve Jobs a commencé à utiliser cette expression, Apple était déjà une entreprise établie. Il voulait dire que le Mac (et sa documentation et même l’emballage, telle est la nature de l’obsession) devraient être incroyablement bien conçus et fabriqués. Cela n’est pas difficile à saisir pour les ingénieurs. C’est juste une version plus extrême de la conception d’un produit robuste et élégant.

Ce que les fondateurs ont du mal à saisir (et Steve lui-même aurait eu du mal à saisir) est ce en quoi « incroyablement bien »  se transforme lorsque vous remontez le curseur du temps aux premiers deux mois de la vie d’une startup. Ce n’est pas le produit qui devrait être incroyablement bien, mais l’expérience d’être votre utilisateur. Le produit n’est qu’une composante de cela. Pour une grande entreprise, il s’agit nécessairement de la partie dominante. Mais vous pouvez et devez donner aux utilisateurs une incroyablement bonne expérience avec un produit balbutiant, incomplet, si vous compensez la différence avec de l’attention.

Pouvoir, peut-être, mais devoir? Oui. Se sur engager avec les premiers utilisateurs n’est pas seulement une technique utile pour lancer la croissance. Pour les meilleures startups c’est une partie nécessaire du processus de retour client qui fait le bon produit. Faire un meilleur piège à souris n’est pas une opération atomique. Même si vous commencez de la même façon que les startups qui réussissent le mieux, en construisant quelque chose dont vous avez vous même besoin, la première chose que vous construisez n’est jamais tout à fait la bonne. Et, sauf dans les domaines ou les erreurs coûtent cher, il est souvent préférable de ne pas viser la perfection initialement. Dans l’industrie des logiciels, en particulier, il est habituellement préférable de mettre quelque chose en face des utilisateurs dès qu’il a un début d’utilité et ensuite voir ce qu’ils en font. Le perfectionnisme est souvent une excuse pour la procrastination, et dans tous les cas votre modèle initial d’utilisateurs est toujours inexact, même si vous êtes l’un d’entre eux. [7]

Le retour que vous obtenez en vous engageant directement avec vos premiers utilisateurs sera le meilleur que vous puissiez avoir. Lorsque vous êtes si gros que vous avez recours à des groupes de discussion, vous allez souhaiter pouvoir passer chez vos utilisateurs et dans leurs bureaux pour les observer utilisant vos trucs comme vous l’avez fait quand il y avait seulement une poignée d’entre eux.

Feu

Parfois, la bonne astuce non évolutive est de se concentrer sur un marché délibérément étroit. C’est comme garder un feu contenu dans un premier temps pour le faire monter en température avant d’ajouter plus de bûches.

C’est ce que Facebook a fait. Au début, c’était uniquement pour les étudiants de Harvard. Sous cette forme, il n’avait qu’un marché potentiel de quelques milliers de personnes, mais parce qu’ils estimaient que c’était vraiment fait pour eux, une masse critique d’entre eux s’est inscrite. Après que Facebook ait cessé d’être pour les étudiants de Harvard, il a continué d’être réservé pour les étudiants d’universités spécifiques pour un certain temps. Lorsque j’ai interviewé Mark Zuckerberg au Startup School, il a dit que c’était beaucoup de travail que la création de listes de cours pour chaque école, faire cela est ce qui a fait que les élèves ont ressenti le site comme leur habitat naturel.

Toute startup qui pourrait être décrite comme une place de marché doit généralement commencer dans un sous-ensemble du marché, mais cela peut également fonctionner pour d’autres startups. C’est toujours intéressant de se demander s’il y a un sous-ensemble du marché dans lequel vous pouvez obtenir une masse critique d’utilisateurs rapidement. [8]

La plupart des startups qui utilisent la stratégie du feu contenu le font inconsciemment. Ils construisent quelque chose pour eux-mêmes et leurs amis, qui se trouvent être des early adopter et réalisent seulement  plus tard qu’ils pourraient l’offrir à un marché plus large. La stratégie fonctionne aussi bien si vous le faites inconsciemment. Le plus grand danger de ne pas être conscient de ce modèle est pour ceux qui en jettent naïvement une partie. Par exemple si vous ne construisez pas quelque chose pour vous et vos amis, ou bien même si vous le faites, mais vous venez du monde des grandes entreprises et vos amis ne sont pas des early adopter, vous n’aurez alors plus un marché initial parfait servis, à vous, sur un plateau.

Parmi les entreprises, les meilleures early adopters sont généralement d’autres startups. Ils sont plus ouverts à de nouvelles choses à la fois par nature et parce que, ayant juste commencé, ils n’ont pas encore fait leurs choix. De plus quand ils réussissent, ils grandissent vite, et vous avec eux. C’était l’un des nombreux avantages imprévus du modèle YC (et spécifiquement de faire YC grand) que ces startups B2B ont maintenant un marché instantané de centaines d’autres startups à portée de main.

Meraki

Pour les startups dans le marché de l’équipement il y a une variante de « faire des choses non évolutives » que nous appelons « faire un Meraki ». Bien que nous ne financions pas Meraki, les fondateurs étaient des étudiants de Robert Morris, nous connaissons donc leur histoire. Ils ont commencé par faire quelque chose qui ne s’industrialise vraiment pas: assembler eux-mêmes leurs routeurs.

Les startups dans l’équipement font face à un obstacle lors du démarrage que celles dans le logiciel n’ont pas. La commande minimum pour une série de production en usine est habituellement de plusieurs centaines de milliers de dollars. Ce qui peut vous mettre dans une situation inextricable: sans un produit vous ne pouvez pas générer la croissance dont vous avez besoin pour réunir l’argent pour fabriquer votre produit. À l’époque où les startups de l’équipement devaient compter sur les investisseurs pour l’argent, il fallait être assez convaincant pour surmonter cette situation. L’arrivée du crowdfunding (ou plus précisément, des pré-commandes) a beaucoup aidé. Mais même ainsi je conseillerais aux startups de « faire un Meraki » initialement s’ils le peuvent. C’est ce qu’a fait Pebble. Les fondateurs de Pebble ont assemblé les premières centaines d’exemplaires de leur montre eux-mêmes. S’ils n’étaient pas passés par cette phase, ils n’auraient probablement pas vendu pour 10 millions de dollars de montres quand ils se sont finalement lancés sur Kickstarter.

Comme en accordant une attention excessive aux premiers clients, fabriquer vous-même vos produits s’avère être une chose précieuse pour les startups de l’équipement. Vous pouvez modifier la conception plus rapidement quand vous êtes l’usine même, et vous apprenez des choses que vous n’auriez jamais connues autrement. Eric Migicovsky de Pebble dit que l’une des choses qu’il a apprises était «à quel point il était important de se procurer de bonnes vis. » Qui l’eut cru?

Consulter

Parfois, nous conseillons les fondateurs de startups B2B d’appliquer le sur engagement à l’extrême et de choisir un seul utilisateur et agir comme s’ils étaient des consultants construisant quelque chose uniquement pour cet utilisateur. L’utilisateur initial vous sert comme un modèle pour la forme de votre moule; continuer le peaufinage jusqu’à ce que vous adressiez parfaitement ses besoins, et vous trouverez généralement que vous avez conçu quelque chose que d’autres utilisateurs veulent aussi. Même s’il n’y a pas beaucoup d’entre eux, il y a probablement des territoires adjacents qui en ont plus. Tant que vous pouvez trouver juste un utilisateur qui a vraiment besoin de quelque chose sur lequel vous pouvez agir, vous êtes bien parti pour faire quelque chose que les gens veulent et c’est tout ce dont une startup a besoin au départ. [9]

Le conseil est l’exemple canonique d’un travail non évolutif. Mais (comme d’autres manière d’offrir les faveurs de quelqu’un d’autre généreusement) il est prudent d’en faire aussi longtemps que vous n’êtes pas payé pour. C’est là que les entreprises franchissent la ligne. Tant que vous êtes une entreprise qui vend un produit et êtes simplement particulièrement attentionné envers un client, il sera très reconnaissant, même si vous ne résolvez pas tous ses problèmes. Mais quand il commence à vous payer spécifiquement pour cette écoute là- quand il commence à vous payer à l’heure- il s’attend à ce que vous fassiez tout.

Une autre technique proche du conseil pour l’acquisition d’utilisateurs peu enthousiastes initialement est d’utiliser vous-mêmes vos logiciels en leur nom. Nous l’avons fait pour Viaweb. Quand nous avons approché des web marchands en leur demandant s’ils voulaient utiliser notre logiciel pour créer des boutiques en ligne, certains ont dit non, mais ils nous laissaient en faire une pour eux. Étant donné que nous étions prêts à faire n’importe quoi pour obtenir des utilisateurs, nous l’avons fait. Nous nous sommes sentis assez médiocre à ce moment-là. Au lieu d’organiser de grands partenariats stratégiques en e-commerce, nous essayions de vendre des bagages, des stylos et des chemises pour hommes. Mais avec le recul c’était précisément la bonne chose à faire, car cela nous a enseigné le ressentit qu’auraient des marchands en utilisant notre logiciel. Parfois, la boucle des retours clients était quasi instantanée: je découvrais au plein milieu de la construction d’un site pour un e-commerçant que j’avais besoin d’une fonctionnalité que nous n’avions pas, donc je passais quelques heures à la mettre en œuvre, avant de reprends la construction du site.

Manuel

Il y a une variante plus extrême où vous ne faites pas que simplement utilisez votre logiciel, mais êtes vous-même votre logiciel. Lorsque vous avez seulement un petit nombre d’utilisateurs, vous pouvez parfois vous en sortir en faisant les choses, que vous prévoyez d’automatiser plus tard, à la main. Cela vous permet de vous lancer plus rapidement, et quand vous automatisez, vous saurez exactement ce qu’il faut construire parce que vous aurez encore la mémoire musculaire de l’avoir fait vous-même.

Lorsqu’une partie manuelle semble, pour l’utilisateur être un logiciel, cette technique commence a ressembler à une blague bien pratique. Par exemple, la façon avec laquelle Stripe a ouvert des comptes marchands « instantanés » à ses premiers utilisateurs, est que les fondateurs eux-mêmes ont inscrit manuellement les comptes marchands classiques dans les coulisses.

Certaines startups pourraient être entièrement manuelles au départ. Si vous pouvez trouver quelqu’un avec un problème qui doit être résolu et vous pouvez le résoudre manuellement, aller y et faite le aussi longtemps que vous le pouvez, puis automatiser progressivement les goulots d’étranglement. Il serait un peu effrayant de résoudre les problèmes des utilisateurs d’une manière qui ne serait pas encore automatique, mais moins effrayant que dans le cas beaucoup plus fréquent d’avoir quelque chose d’automatique qui ne résout pas le problème de qui que ce soit.

Grand

Je dois mentionner un type de tactique initiale qui ne fonctionne généralement pas: le grand lancement. Je rencontre parfois des fondateurs qui semblent croire que les startups sont des projectiles plutôt que des aéronefs motorisés, et qu’ils vont faire les choses en grand si et seulement si ils sont lancés avec une vitesse initiale suffisante. Ils veulent se lancer simultanément dans huit différentes publications, avec des embargos. Et un mardi, bien sûr, car ils ont lu quelque part que c’est le jour optimal pour lancer quelque chose.

Il est facile de voir combien les lancements importent peu. Pensez à quelque startups qui ont réussi. De combien de leurs lancements vous souvenez-vous? Tout ce dont vous avez besoin d’obtenir d’un lancement est un certain noyau initial d’utilisateurs. Comment vous vous en sortez quelques mois plus tard dépendra davantage sur à quel point  vous avez rendu heureux ces utilisateurs que de combien ils étaient. [10]

Alors, pourquoi les fondateurs pensent que les lancements sont importants? Une combinaison de solipsisme et de paresse. Ils pensent que ce qu’ils construisent est tellement génial que tous ceux qui en entendent parler vont immédiatement s’inscrire. De plus, cela demanderait beaucoup moins de travail si vous pouviez obtenir des utilisateurs simplement en annonçant votre existence, plutôt que de les recruter un par un. Mais même si ce que vous construisez est réellement génial, l’acquisition des utilisateurs sera toujours un processus graduel -en partie parce que les choses géniales sont, également, généralement  des nouveautés, mais surtout parce que les utilisateurs ont d’autres choses auxquelles penser.

Les partenariats, également, ne fonctionnent généralement pas. Ils ne fonctionnent pas pour les startups en général, et ils ne fonctionnent pas en particulier comme un moyen d’initier la croissance. C’est une erreur commune parmi les fondateurs inexpérimentés de croire qu’un partenariat avec une grande entreprise sera leur grand coup. Six mois plus tard, ils disent tous la même chose: c’était beaucoup plus de travail que ce que nous attendions, et nous avons fini par en obtenir pratiquement rien. [11]

Il ne suffit pas de faire quelque chose d’extraordinaire initialement. Vous devez faire un effort extraordinaire initialement. Toute stratégie qui omet l’effort- si elle attend d’un grand lancement de vous obtenir des utilisateurs, ou bien d’un grand partenaire- est suspecte ipso facto.

Vecteur

La nécessité de faire quelque chose de laborieusement non évolutif pour commencer est donc quasi universelle qu’il pourrait être une bonne idée d’arrêter de penser les idées de startups comme scalaires. Au contraire, nous devrions essayer de les considérer comme des paires de ce que vous allez construire, en addition des choses non évolutives que vous allez faire au départ pour mettre l’entreprise en route.

Il pourrait être intéressant de commencer à voir les idées de startups de cette façon, parce que maintenant qu’il y a deux composantes, vous pouvez essayer de faire preuve d’imagination au sujet de la seconde ainsi que de la première. Mais dans la plupart des cas, il sera généralement  question de la deuxième composante -recruter des utilisateurs manuellement et leur donner une expérience extrêmement positive- et l’avantage principal de penser les startups comme des vecteurs sera de rappeler aux fondateurs qu’ils ont besoin de travailler dur en deux dimensions. [12]

Dans le meilleur des cas, les deux composantes du vecteur contribuent à l’ADN de votre entreprise: les choses non évolutives que vous avez faites pour commencer ne sont pas seulement un mal nécessaire, mais changent la société de façon permanente pour le meilleure. Si vous devez être agressif sur l’acquisition d »utilisateur lorsque vous êtes petit, vous serez probablement encore agressif quand vous serez grand. Si vous devez fabriquer votre propre matériel, ou utiliser votre logiciel pour le compte des utilisateurs, vous apprendrez des choses que vous n’auriez pas apprises autrement. Et surtout, si vous devez travailler dur pour ravir les utilisateurs lorsque vous avez seulement une poignée d’entre eux, vous allez continuer à le faire lorsque vous en avez beaucoup.

Notes

[1] En fait Emerson n’a jamais mentionné spécifiquement le piège à souris. Il a écrit: «Si un homme a un bon maïs ou du bois ou des planches, ou des cochons, à vendre, ou peut fabriquer de meilleures chaises ou des couteaux, des creusets ou organes d’église, que quiconque, vous trouverez une large route durement battu menant à sa maison, bien que ce soit dans les bois « .
[2] Merci à Sam Altman de m’avoir suggéré que je rende cela explicite. Et non, vous ne pouvez pas éviter de faire de la vente en embauchant quelqu’un pour le faire pour vous. Vous devez faire la vente vous-mêmes au départ. Plus tard, vous pouvez recruter un vrai vendeur pour vous remplacer.
[3] La raison qui fait que cela fonctionne est que en devenant gros, votre taille vous aide à grandir. Patrick Collison a écrit « À un certain moment, il y avait un changement très perceptible au sein de Stripe. Elle est passé de ce rocher, que nous avons dû pousser à un wagon de train qui, en fait, avait sa propre dynamique. »
[4] Une des façons les plus subtiles dans lequel YC peut aider les fondateurs est en calibrant leurs ambitions, parce que nous savons exactement à quoi beaucoup de startups qui ont réussies ressemblaient quand ils venaient juste de commencer.
[5] Si vous construisez quelque chose pour laquelle vous ne pouvez pas obtenir facilement un petit groupe d’utilisateurs à observer par exemple les logiciels de gestion, dans un domaine où vous n’avez pas de connexions, vous devrez compter sur les appels à froid et des présentations. Mais devriez-vous même travaillez sur une telle idée?
[6] Garry Tan a souligné un piège intéressant dans lequel les fondateurs tombent au début. Ils veulent tellement avoir l’air grand qu’ils imitent même les défauts des grandes entreprises, comme l’indifférence envers les utilisateurs individuels. Cela leur semble plus «professionnel». En fait, il vaut mieux épouser le fait que vous êtes petits et d’utiliser tous les avantages que cela comporte.
[7] Votre modèle de l’utilisateur ne pourrait presque pas être parfaitement exact, car les besoins des utilisateurs changent souvent en réaction à ce que vous construisez pour eux. Construisez leur  un micro-ordinateur, et tout à coup ils ont besoin de l’utiliser pour faire fonctionner des tableurs, car l’arrivée de votre nouveau micro-ordinateur fait que quelqu’un a inventé les tableurs.
[8] Si vous avez à choisir entre le sous-ensemble qui va s’inscrire plus rapide et un autre qui va payer plus, il est généralement préférable de choisir le premier, parce que ce sont probablement les early adopters. Ils auront une meilleure influence sur votre produit et ils ne vous feront pas vous faire dépenser autant d’énergie sur les ventes. Et même s’ils ont moins d’argent, vous n’avez pas besoin d’autant pour maintenir votre taux de croissance cible au début.
[9] Oui, je peux imaginer des cas où vous pourriez finir par faire quelque chose qui était vraiment utile pour un utilisateur. Mais ceux-là sont généralement évidents, même pour les fondateurs inexpérimentés. Donc, si ce n’est pas évident, vous seriez en train de faire quelque chose pour un marché d’un client, ne vous inquiétez pour ce danger.
[10] Il peut même y avoir une corrélation inverse entre l’importance du lancement et le succès. Les seuls lancements dont je me souviens sont des flops célèbres comme le Segway et Google Wave. Ce dernier est un exemple particulièrement alarmant, parce que je pense que c’était réellement une grande idée qui a été tué en partie par son lancement exagéré.
[11] Google a grandi grande sur le dos de Yahoo, mais ce n’était pas un partenariat. Yahoo était leur client.
[12] Cela rappellera également aux fondateurs qu’une idée où le deuxième composant est vide (une idée où il n’y a rien que vous pouvez faire pour vous lancer) par exemple, parce que vous n’avez aucun moyen de trouver des utilisateurs à recruter manuellement est probablement une mauvaise idée, au moins pour ces fondateurs.

Merci à Sam Altman, Paul Buchheit, Patrick Collison, Kevin Hale, Steven Levy, Jessica Livingston, Geoff Ralston, and Garry Tan pour avoir lu l’ébauche de ceci.

Do things that don’t scale de Paul Graham traduit en français

Six degrés de séparation, ou le jour où j’ai découvert que Barack Obama est presque un poto !

ObamaCover
Barack Obama

Comme moi, vous avez surement été surpris, à plusieurs reprises, de découvrir que quelques-uns de vos amis Facebook, que vous avez rencontré dans des contextes complètement différents, étaient aussi amis l’un de l’autre. Le monde est petit !

Oui, mais à quel point? Est-ce que je connais quelqu’un qui connait personnellement Barack Obama? Dans le cas contraire; la légende urbaine qui affirme qu’il y-a,  au maximum, six degrés de séparation entre deux personnes est-elle fondée?

C’est un de ces soirs où ont pas envie de faire grand-chose que je décide d’exploiter cette petite fonctionnalité de LinkedIn, qui vous permet de voir quel est votre degré de connexion avec une personne.

Je représente le degré zéro de mon réseau, mes relations directes représentent le premier degré de mon réseau et leurs relations directes représentent le deuxième degré de mon réseau et ainsi de suite.

PierreGattaz
Profile LinkedIn de Pierre Gattaz

Wesh Barack, bien ou bien?

Par curiosité je me suis donc retrouvé en train de regarder les profils linkedIn de différentes personnalités. Je constate donc que le président du MEDEF est une relation de second niveau, c’est-à-dire que nous avons au moins un contacte en commun. Nicolas Sarkozy, quand à lui, est une relation de troisième niveau.

De l’autre côté de l’Atlantique Barack Obama est également une relation de troisième niveau.

Photo de Barack Obama
Profile LinkedIn de Barack Obama

C’est également le cas de Randi Zuckerberg,  la soeur de Mark Zuckerberg, ce dernier n’étant pas sur LinkedIn pour des raisons inconnues !

J’ai continué mes recherches avec des personnalités un peu moins connues comme Steve Wozniak, co-fondateur de Apple avec Steve Jobs, là, même constat! Il est également une relation de troisième rang, c’est-à-dire que seulement deux personnes nous séparent.

Profile LinkedIn de Steve Wozniak
Profile LinkedIn de Steve Wozniak

Les trois degrés de séparation

Après avoir regardé plus d’une cinquantaine de personnalités, qui n’ont à priori aucun lien avec moi, j’ai trouvé que je pouvais les classer dans deux catégories:

  • Elles font partie de mon réseau et elles sont reliées à moi, au maximum,  par deux personnes (trois degrés de séparation)
  • Elles ne font pas partie de mon réseau, ou du moins pas sur LinkedIn
Frigyes Karinthy
Frigyes Karinthy

Au-delà de ma petite recherche sur linkedIn, les vraies scientifiques qui ont mené des études sérieuses sur cette question du « petit monde » ( « small-world experiment » en VO) n’ont jamais fait état de six degrés de séparation.

Le terme vient de l’auteur hongrois Frigyes Karinthy, qui a émis l’hypothèse, dans une nouvelle intitulée « Les Chaines », que deux personnes quelconques dans le monde pourait être reliées entre elles par cinq personnes inter-connectées au maximum. Frigyes a écrit cette nouvelle en 1929 !

Le maillon fort

Small-world-experiment
Illustration de l’étude « Small-world experiment »

Stanley Milgram est le mec qui a mené la « Small-world experiment« , l’étude la plus célèbre sur le degré de « connectivité » des gens.

Il a envoyé un colis à des personnes du Nebraska et du Kansas expliquant l’objet de l’étude, en leur demandant de faire parvenir le colis à une personne désignée à Boston.

S’ils ne connaissent pas le destinataire directement, ils devraient l’envoyer à une relation personnelle qui, selon eux, est la plus susceptible de connaitre le destinataire. Ils devaient également inscrire leurs noms sur une liste pour retracer combien de personnes ont été nécessaires pour faire parvenir le colis à destination.

Sur les 296 colis envoyés, 24 seulement ont atteint leur destination à Boston, avec en moyenne 5,5 étapes. Cependant, le taux de succès faible de l’étude ne permet pas de faire de généralisation. De plus le fait que les personnes ne choisissaient pas forcément le chemin le plus optimal, car ne connaissant pas le réseau social de leurs proches, laisse à penser que le degré de séparation est plus bas que 6. D’ailleurs une extrapolation d’un modèle mathématique menée par  Manfred Kochen est arrivée à la conclusion que le degré de séparation est de 3 aux Etats Unis et qu’une personne supplémentaire suffit pour les connecter au reste du monde.

Quelques Milgram de Bacon

Le plus étonnant dans l’étude de Milgram est que sur les 24 lettres parvenues à destination, 16 ont été remises au destinataire par la même personne. En se basant sur ce constat, le sociologue Américain Malcolm Gladwell, dans son livre « The tipping point »,  a introduit le concept de « connectors », des sortes de maillons forts sociaux; des personnes qui connaissent tout le monde. Ces maillons forts seraient les facilitateur de connexion entre personne moins bien « connectées ».

KevinBacon
Kevin Bacon

Certaines personnes se sont amusées à créer des indicateurs de connectivité qui illustrent bien le concept de « maillon fort social ». L’indicateur le plus connu est probablement le « Bacon Number » qui est basé sur les connexions de l’acteurs Kevin Bacon. 

le Bacon Number de Kevin Bacon est 0. Les acteurs qui ont tourné avec Kevin Bacon ont un Bacon Number de 1, les acteurs qui ont tourné avec ces derniers ont un Bacon Number de 2 et ainsi de suite.

 

 

 

jeanSur le site The Bacon Oracle, vous pouvez vous amusez à calculer le Bacon Number de vos acteurs préférés. J’ai fait le test avec Jean Dujardin et il a un Bacon Number de 2 !

Malgré son coté improbable et inutile, le Bacon Number est basé sur le même principe que l’Erdös Number, un indicateur qui permet de calculer la distance de collaboration entre deux mathématiciens.

Le mathématicien Hongrois Paul Erdős (décidément ces Hongrois!) a collaboré avec plus de 500 scientifiques au cours de sa carrière prolifique, c’est pourquoi il est considéré comme point de départ de la distance collaborative entre mathématiciens. Ceux qui ont coécrit un article scientifique avec lui ont un Erdös Number de 1 et ainsi de suite.

Pour prouver à quel point le monde est petit, certains ont poussé le jeu jusqu’à calculer le Bacon-Erdös Number ! Il s’agit de l’addition de l’Erdös Number d’un Scientifique avec son Bacon Number. Si-si, ce n’est pas une blague, il y a même une liste ici de 21 scientifiques, qui ont été publiés et qui ont joué dans un film.

Paul Erdös est mort en 1996 par conséquent l’Erdös Number a vocation à être croissant avec le temps.

Pour conclure je vais simplement vous dire que si vous connaissez quelqu’un, qui connais quelqu’un, qui serait intéressé par cet article, partagez le!

 

Six degrés de séparation, ou le jour où j’ai découvert que Barack Obama est presque un poto !